La défense des Pats face à Seattle : l’après Chandler Jones/Jamie Collins est difficile

Seule équipe parmi les candidats aux Playoffs à avoir remué son effectif à la  trade deadline, les Patriots se présentaient dimanche dernier contre Seattle sans leur linebacker Jamie Collins, parti à Cleveland en échange d’un troisième tour de Draft. Un premier gros test, donc, pour une défense qui avait déjà dû apprendre depuis le début de la saison à faire sans Chandler Jones, envoyé chez les Cardinals à l’intersaison. Désormais privés des deux joueurs les plus athlétiques de leur front seven, comment les Pats s’y sont-ils pris pour inquiéter les Seahawks et l’insaisissable Russell Wilson ? Petite anlayse en trois temps de ce que Matt Patricia avait concocté pour le remake du Superbowl 2015 et de ce que cela laisse augurer pour la suite de la saison des Patriots.

1e action : Le blitz. 1er QT, 3e & 4 sur les 8 yards des Pats

Première surprise, la présence de Shea McClellin sur le terrain. Si le rookie Elandon Roberts a remplacé Jamie Collins sur 1e et 2e tentative dans leur base defense – le « onze titulaire », dirait-on de ce côté-ci de l’atlantique – il semblerait en revanche que ce soit l’ancien Bear qui seconde Dont’a Hightower (tous deux indiqués en blanc sur l’image 1) comme inside linebacker dans le sub package – le cocktail spécial contre la passe, en quelque sorte – de la défense des Pats. Car c’est bien là que réside la difficulté de remplacer Collins ; il était un véritable three-down player capable de rester sur le terrain quelle que soit la situation. Patricia, le coordinateur défensif, doit donc jongler entre Roberts, excellent contre la course jusque-là, sur les deux premières tentatives et McClellin, a prioiri meilleur passrusher, sur la troisième.

Image 1: Higtower et McClellin aux côtés de la D-line des Pats

Image 1: Higtower et McClellin aux côtés de la D-line des Pats

Les Pats alignent alors Hightower et McClellin derrière Rob Ninkovitch, Trey Flowers (de loin le meilleur défenseur des Pats contre les ‘Hawks) et Chris Long, les linemen défensifs sur troisième tentative. Plutôt « entre » que « derrière » eux, d’ailleurs ; un moyen pour les cinq de devant semer la confusion dans la protection de Seattle grâce à des stunts (symbolisés par les flèches sur les deux images), ces courses croisées entre Higtower et Ninkovitch, d’un côté, et McClellin et Long, de l’autre, grâce auxquelles l’inusable Ninkovitch se fraye un chemin jusqu’à Wilson… Une demi-seconde après que Wilson se fut débarrassé du ballon, malheureusement.

Les "stunts" des cinq pass-rushers des Patriots

Les “stunts” des cinq pass-rushers des Patriots

Derrière ce blitz à cinq, rien de bien exotique de la part du secondary des Pats qui évolue en man-free, autrement dit en couverture individuelle (la partie « man » de l’expression anglaise) avec un safety libre (ça, c’est la partie « free » si vous me suivez) de doubler un receveur ou de lire les yeux du QB pour l’intercepter, par exemple. Ici, c’est Devin McCourty qui occupe ce rôle et qui accorde une attention toute particulière à Jimmy Graham en plus du marquage de Duron Harmon (tous deux en rouge sur l’image 2), un détail qui aura son importance par la suite.

Résultat des courses, la passe de Wilson dans les chaussettes de Kearse n’est pas complétée mais ça n’a que peu d’importance de toute façon ; le process nous importe plus que le résultat ici.

2e action : Le blitz bis. Fin du 1er QT, 3e & 4 sur les 49 des Seahawks

Deuxième 3rd down de la rencontre pour les ‘Hawks sur laquelle ils sont presque contraints de passer par les airs et les Pats ne changent leur défense ni dans le personnel, ni dans l’alignement : on retrouve nos deux linebackers, Hightower et McClellin, disposés de la même façon dans les intervalles entre Ninkovitch, Flowers et Long (image 3).

Image 3 : On retrouve la défense des Pats dans la même configuration que sur l'action précédente

Image 3 : On retrouve la défense des Pats dans la même configuration que sur l’action précédente

Ils vont en revanche prendre le contrepied de ce qu’ils avaient fait lors du drive précédent : point de stunt entre Ninkovitch et Hightower dont le petit jabstep vers l’extérieur à la manière d’un basketteur va laisser Germain Ifedi, le right guard rookie de Seattle, complètement dans le vent tandis que McClellin, lui, croise sa course non pas avec Long mais avec Trey Flowers vers l’intérieur, une alternative à laquelle Mark Glowinski, le left guard, ne s’était manifestement pas préparé… (image 4 et sur YouTube ici)

Les variations de la ligne défensive des Pats ont failli payer ici

Les variations de la ligne défensive des Pats ont failli payer ici

A nouveau, les Pats ne passent pas loin d’un sack grâce à cet effet de manche ; les Seahawks ne doivent leur salut sur cette action qu’à l’anticipation de Wilson et à une décision bien sévère des arbitres de sanctionner Justin Coleman d’une interférence défensive dans son duel face à Tyler Lockett. Patricia manque peut-être de pass-rushers mais il ne manque en tout cas pas d’idées pour tester la solidité d’une ligne offensive de Seattle bien inexpérimentée.

3e action : le touchdown. 4e QT, 3e & 3 aux 15 yards des Pats

A ce stade de l’article, inutile de vous dire comment les Patriots avaient choisi de s’aligner en défense sur cette action capitale (les deux équipes sont alors à égalité 24 partout à moins de 5 minutes de la fin du match). Higtower et McClellin à l’intérieur, Harmon en free safety… On retrouve une nouvelle fois le nickel package tel que Patricia et Belichick l’avaient conçu dans leur gameplan. Notons à nouveau la surveillance toute particulière dont fait l’objet Jimmy Graham dans la red zone puisque Harmon (en rouge sur l’image 5) est aligné en doublon directement derrière Patrick Chung, chargé du marquage individuel sur le tight end des ‘Hawks, et non au centre du terrain (à l’emplacement de la croix) d’où il pourrait intervenir plus facilement côté droit, où sont alignés trois des cinq receveurs de Seattle.

Duron Harmon et les Pats prêtent ici une attention accrue à Jimmy Graham

Duron Harmon et les Pats prêtent ici une attention accrue à Jimmy Grahamn

Faute de posséder un pass-rusher transcendant capable de faire la différence en un-contre-un, le cinq de devant des Patriots a une nouvelle fois recours à des stunts pour tenter de mettre en difficulté la ligne offensive de Seattle. Seul problème, ce genre de stratagème perd de son efficacité une fois que l’effet de surprise s’estompe. Ici, les linemen des Seahawks reconnaissent les stunts entre Long/McClellin et Higtower/Ninkovitch et procurent à Russell Wilson le temps et l’espace nécessaires pour qu’il fixe Harmon en lançant un coup d’oeil sur sa gauche vers Graham avant de revenir côté droit, où Harmon ne peut plus intervenir à temps, vers Doug Baldwin pour le touchdown de la victoire (la flèche rouge vers la droite!).

La ligne offensive de Seattle tient le choc cette fois_ci

La ligne offensive de Seattle tient le choc cette fois-ci face aux stunts des Pats

Bien évidemment, très peu de quarterbacks sont capables de manipuler un safety de la sorte et de décocher des passes avec autant d’anticipation que Russell Wilson. Mais ces trois actions illustrent bien les difficultés qu’ont les Patriots à aller chatouiller les quarterbacks adverses cette saison. En l’absence de Chandler Jones et de Jamie Collins, Matt Patricia est obligé de ruser et de se reposer sur des joueurs comme Chris Long ou Shea McClellin qui n’ont pas (ou plus) l’explosivité que Jones et Collins possèdent et dont profitent désormais Arizona et Cleveland. Le temps est peut-être venu de voir si Barkevious Mingo, qui a fait le voyage inverse de Jamie Collins de Cleveland vers Boston, peut apporter un peu de peps au rush des Pats ou, mieux encore, de relancer Jabaal Sheard, inexplicablement cloué sur le banc face à Seattle.

Revue de presse #6: Prescott, sensation de la classe des rookies 2016

Dak Prescott en vient à faire oublier Tony Romo à Dallas, un exploit

Dak Prescott en vient à faire oublier Tony Romo à Dallas, un exploit

Pour ce premier article de la saison – il n’est jamais trop tard! – honneur à ceux qui disputent leur première campagne professionnelle cette année à travers une revue de presse qui leur est entièrement consacrée aujourd’hui. A l’occasion du choc dimanche soir entre les deux jeunes quarterbacks aux noms qui comptent triple, Dak face à Wentz, coup de projecteur sur une classe de rookies qui fait forte impression lors de cette première moitié de saison.

Commençons par Dak Prescott, donc. Excellent en présaison (dont il faudra bien, un jour, se rendre compte que ça ne veut pas « rien dire » comme d’aucuns le prétendent souvent), l’ancien quarterback de Mississippi State fait un quasi sans-fautes jusqu’ici chez les grands. Il lui aura pourtant fallu patienter trois jours et près de quatre tours entiers lors de la dernière Draft avant que les Cowboys ne se décident enfin à le sélectionner. Comment expliquer que 136 joueurs, parmi lesquels sept autres quarterbacks, aient été sélectionnés avant lui en avril dernier ? C’est la question que s’est posé Dan Pompei de Bleacher Report cette semaine en revenant sur la carrière universitaire de Prescott ; du système de jeu employé par les Bulldogs, jugé peu favorable à une transition aisée chez les pros, aux fameux red flags tant redoutés par les scouts NFL et que certains d’entre eux avaient cru déceler dans son comportement, Pompei montre comment un tel talent a pu glisser à travers les mailles des filets de l’ensemble des franchises NFL, y compris de ceux des Cowboys qui avait manifestement fait de Lynch et de Cook leurs deux cibles principales au poste de quarterback.

Dan Pompei : Why No One – Not Even The Cowboys – Saw Dak Prescott Coming – Bleacher Report

Pompei met également le doigt sur le principal problème qui se pose désormais à propos du repérage des futurs passeurs NFL : PERSONNE NE SAIT QUOI QUE CE SOIT. Ni les scouts, ni les coaches, ni même les GMs ne sont capables d’affirmer avec certitude si un quarterback universitaire rencontrera ou non du succès en NFL. Les exceptions à la Tom Brady étaient jusque-là rarissimes chez les pros ; l’émergence de Russell Wilson, drafté au 3e tour, de Tyrod Taylor, enterré pendant plusieurs saisons au fond de l’effectif des Ravens avant de se révéler à Buffalo, ou de Prescott aujourd’hui laissent indiquer que l’évaluation des passeurs universitaires est désormais bien plus complexe qu’auparavant. Confrontés à des athlètes qui sortent tout droit d’attaques en Spread (ou plus précisément en Shotgun Power puisque c’est de cela qu’il s’agit pour Prescott) qui ne correspondent plus en rien avec le prototype du dropback quarterback auquel les franchises pros sont encore si attachées, les scouts NFL risquent encore de laisser passer plusieurs Dak Prescott avant d’apprendre de leurs erreurs. Rien ne dit d’ailleurs qu’ils arrivent un jour à prédire correctement la transition de la fac vers les pro de cette nouvelle génération de quarterbacks . Peut-être en seront-ils réduits à la deviner à travers quelques constantes statistiques qui apparaîtront progressivement… Et peut-être, encore, que Bill Belichick et les Patriots ont déjà un temps (voire deux) d’avance sur le reste de la NFL ; à défaut de devenir des stars, Jimmy Garrappolo et Jacoby Brissett pourront au moins servir d’appâts dans d’éventuels trades en faveur de New England.

Prescott, Prescott… Et les autres rookies, me direz-vous ? Le site Pro Football Focus propose cette semaine quelques éléments de réponse à propos des 31 joueurs sélectionnés lors du 1er tour grâce à leur système – certes imparfait – de notation maison. A l’exception de Goff, le grand absent de ce début de saison, les joueurs qui étaient les plus attendus se montrent plutôt à leur avantage : Wentz dispute à Prescott le titre de Rookie of The Year ; Zeke Elliott, lui, est tout simplement en course pour celui d’Offensive Player of The Year tandis que Jalen Ramsey et Joey Bosa affichent toutes les qualités pour devenir d’excellents défenseurs à leurs postes respectifs.

Sam Monson : How All 31 First Round Picks Have Played This Season – PFF.com

Un mot, pour finir, sur le groupe de rookies particulièrement talentueux que les Chargers ont assemblé en avril dernier : deux d’entre eux, Bosa et le tight end Hunter Henry, apparaissent dans le top 10 de PFF à l’issue des sept premières semaines de compétition. Un troisième, le linebacker Jatavis Brown, mériterait d’ailleurs d’y figurer en bonne place depuis qu’il a remplacé Manti Te’o au centre de la défense de San Diego si ça ne tenait qu’à moi. Les Bolts, au ralenti depuis l’après-Tomlinson, semblent enfin avoir trouvé des joueurs de qualité pour renouveler leur effectif. Bosa, Brown et Verrett, drafté en 2014, leur donnent de quoi construire une solide défense pour les saisons à venir.

Michael Renner : Top 10 NFL Rookie Rankings Entering Week 8 – PFF.com

Bradford aux Vikings, faute de mieux

PHILADELPHIA, PA - AUGUST 11: Sam Bradford #7 of the Philadelphia Eagles calls a play in the first quarter of a preseason game against the Tampa Bay Buccaneers at Lincoln Financial Field on August 11, 2016 in Philadelphia, Pennsylvania. (Photo by Mitchell Leff/Getty Images)

Sam Bradford peut avoir les pouces levés, il n’a sans doute jamais été aussi bien entouré qu’à Minnesota

Les Vikings ne seraient-ils qu’à un quarterback du titre ? C’est en tout cas ce que Rick Spielman, leur general manager, a l’air de penser. Suite à la grave blessure de Teddy Bridgewater il y a quelques jours, Minnesota a acquis Sam Bradford en provenance de Philadelphie en échange de deux tours de Draft à venir, dont leur 1er tour l’an prochain. Une façon pour les Vikings, passés tout près d’éliminer les Seahawks la saison dernière en Playoffs, de rester compétitifs en 2016…

… Ou pas ? Eternel espoir de la NFL, l’ex-star des Sooners d’Oklahoma représente une plus-value certaine par rapport à Shaun Hill, jusque-là le second quarterback des Vikings. Malheureusement pour les violets, « meilleur que Shaun Hill » ça ne va pas chercher bien loin. A vrai dire, Bradford serait même à ranger aux côtés d’un Ryan Tannehill, par exemple, parmi ces passeurs au potentiel sans cesse évoqué en début de saison mais finalement plutôt quelconques une fois sur le terrain. La comparaison avec le quarterback des Dolphins est à ce titre assez éloquente : grands consommateurs de coordinateurs offensifs au cours de leurs carrières, les deux hommes sont également deux objets statistiques curieusement similaires :

  • S. Bradford (2010-2015) : 1378/2292, 60,1% de passes complétées, 14 790 yards, 78 TDs, 52 INTs.
  • R. Tannehill (2012-2015) : 1392/2248, 61,9%, 15460 yards, 87 TDs, 54 INTs

Bilan cumulé des deux intéressés depuis leurs débuts en NFL : 54 v.- 72 d., soit un pourcentage de victoires de 42,8%. Rien de renversant, donc, ni de suffisant pour mener leurs formations respectives en Playoffs puisque ni Bradford, ni Tannehill n’ont encore eu la chance de jouer au mois janvier.

Les Vikings, avec leur excellente défense et la présence d’Adrian Peterson dans leur backfield, représentent toutefois la meilleure opportunité de la carrière de Bradford pour atteindre ces Playoffs. Et c’est d’ailleurs tout ce que Mike Zimmer, le coach des Vikings, lui demandera : éviter de faire chavirer le drakkar et laisser Anthony Barr, Harrison Smith et l’un des meilleurs running backs de l’histoire de la NFL faire le reste.

Le pari est coûteux – un 1er tour l’an prochain et un 4e qui pourrait potentiellement devenir un 2e tour en 2018 – et surtout extrêmement risqué compte tenu du carnet de santé de Bradford, épais comme un annuaire. Il n’y avait de toute façon aucune « bonne option » pour Minnesota pour remplacer au pied levé Bridgewater ; le 1er choix de la Draft 2010 était probablement la mois mauvaise.

Franchise Tag: Le Point Avant La Deadline

Kirk Cousins et Von Miller signeront-ils une prolongation de contrat ? Réponse demain au plus tard

Kirk Cousins et Von Miller signeront-ils une prolongation de contrat ? Réponse demain au plus tard

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En attendant la reprise, on parle gros sous en NFL. Luck tout juste devenu le joueur le mieux payé de l’histoire de la ligue, notre attention se tourne désormais vers les sept joueurs encore «franchisés» qui n’ont plus que quelques heures avant la deadline de demain pour négocier un contrat longue durée avec leurs clubs respectifs. (Cordy Glenn, le huitième, a trouvé un accord avec les Bills entre temps)

1. Celui qui va signer : Von Miller, Denver Broncos. A en croire tous les médias américains, c’est la plus venimeuse des sept négociations qui nous occupe cette semaine ; c’est aussi l’une des rares où les deux parties discutent réellement d’une prolongation de contrat, ce qui est loin d’être le cas partout… Alors fini les posts Instagram sur lesquels Miller squeeze John Elway de la photo, les offres au rabais des Broncos et les déclarations grandiloquentes du MVP du dernier Superbowl, tout le monde semble désormais d’accord sur le montant total du contrat (114,5M$) et le nombre d’années supplémentaires (5). Il ne reste plus qu’à s’entendre sur le montant garanti à la signature et sur l’’échelonnement du paiement des différents bonus. Des détails d’importance mais qui ne devraient pas empêcher Miller et Denver de conclure l’affaire d’ici demain soir.

2. Celui qui aurait intérêt à signer : Eric Berry, Kansas City Chiefs. A bientôt 28 ans, Berry est en passe de signer son dernier gros contrat en NFL. Curieusement, on pensait les Chiefs et le joueur tous deux désireux de prolonger l’aventure mais aucun accord n’a été trouvé pour l’instant. Le récent contrat d’Harrison Smith avec les Vikings qui fait de lui le safety le mieux payé de la NFL à plus de 10M$/an a sans doute changé la donne pour des Chiefs qui valorisaient plutôt Berry autour de 9M$/an, dans la même fourchette que Devin McCourty ou Malcolm Jenkins, récemment prolongé par les Eagles, par exemple. Avec une saison de plus au compteur et compte tenu de ses antécédents médicaux, Berry ferait bien de se méfier : le marché des free agents n’est pas tendre avec les safeties qui approchent de la trentaine.

3. Celui qui ne va pas signer : Mo Wilkerson, New York Jets. J’ai couvert le cas de «Mo» dans le post consacré aux Jets cette semaine mais il convient de le souligner une seconde fois : il faut être exceptionnellement con pour laisser partir un joueur du calibre de Wilkerson et c’est pourtant ce que les Jets sont en passe de réaliser d’ici l’an prochain. Les Jets feraient bien de se faire à l’idée qu’un bon defensive lineman, ça coûte facilement plus de 100M$ au total ou sinon ils risquent de répéter les mêmes erreurs lorsque le cas Sheldon Richardson se présentera devant eux.

4. Celui pour qui ça n’est qu’une question de temps : Justin Tucker, Baltimore Ravens. Ca n’est pas moi, c’est lui qui le dit. C’est paradoxalement celui pour qui le temps presse le moins, aussi. Le coût financier du tag pour un kicker n’est pas exorbitant et Baltimore peut donc se permettre de le garder en 2016 au montant actuel, voire même de le franchiser une seconde fois en 2017 pour faciliter les négociations. Tucker finira bien par être le botteur le mieux payé de la ligue un jour… Soit demain, soit en 2017.

5. Celui qui n’aurait pas dû être franchisé. Trumaine Johnson, Los Angeles Rams. Par le seul emploi du tag, les Rams ont fait de Johnson l’un CBs les mieux payés de la NFL. Auteur d’une excellente saison avec les Rams (7 INTs en 2015), Johnson est cependant loin d’appartenir à l’élite des defensive backs de la ligue au même titre que Richard Sherman ou Patrick Peterson. Le voilà pourtant aussi bien payé qu’eux, sans doute à cause de la crainte des Rams de le voir devenir free agent en même temps que Janoris Jenkins, leur autre cornerback titulaire. Le point de départ d’une éventuelle prolongation de contrat pour L.A. se situe donc à 14M$/an, une grossière erreur pour un joueur qui aurait eu bien du mal à commander plus que son ex-coéquipier Jenkins, déjà surpayé par les Giants à hauteur de 12,5M$/an en mars dernier.

6. Celui pour qui le tag arrange tout le monde : Kirk Cousins, Washington Redskins. Si vous m’aviez dit l’an dernier à la même époque que Washington payerait Cousins près de 20 millions de dollars en 2016, je vous aurais répondu que les Wizards ont bien fait d’acquérir DeMarcus Cousins… Mais c’est bien de Kirk qu’il s’agit ici, le quarterback des Redskins à qui le front office de Washington donne une saison supplémentaire pour prouver que 2015 n’était pas une anomalie. L’un des rares cas où le tag si décrié par les joueurs fonctionne pour tout le monde. Cousins, drafté relativement tard au 4e tour, voit son salaire exploser tandis que McCloughan, le GM de l’équipe, se donne le temps de la réflexion avant de lier le futur de la franchise à celui de Cousins.

7. Celui pour qui c’est plus compliqué que prévu : Alshon Jeffery, Chicago Bears. Les Bears ont des tonnes de cap space, un besoin criant de playmaker en attaque mais toujours pas d’accord avec Jeffery. Vous l’aurez compris, tout cela n’a pas beaucoup de sens. On voit d’ailleurs mal où se situe le point d’achoppement entre le receveur et son équipe. Les contrats de Demaryius Thomas et Dez Bryant, tous deux franchisés l’an dernier avant d’être prolongés, posaient pourtant les bases d’un accord facile entre les deux parties : grosso modo 70M$ sur cinq ans (voire un peu plus pour tenir compte de l’inflation du cap), un contrat garanti pour moitié et l’affaire était dans le sac. Jeffery ne se satisfait visiblement pas d’un tel montant et souhaite sans doute dépasser les 15M$/an d’AJ Green, actuellement le WR le mieux payé de la ligue, bien conscient qu’Antonio Brown et surtout Odell Beckham Jr, tous deux free agents en 2018, vont faire voler en éclats le barème des receveurs d’ici là. Le receveur des Bears, malgré sa santé fragile (il a manqué 7 matchs l’an dernier), a sans doute raison de jouer la montre.

The Good, The Bad And The Ugly : Les New York Jets

Geno, Bryce Petty et Hackenberg (caché)... Voilà les options au poste de QB pour les Jets

Geno, Bryce Petty et Hackenberg (caché)… Voilà les options au poste de QB pour les Jets

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Finale de l’Euro de foot oblige, nous mettons les Verts à l’honneur aujourd’hui sur Read-Option ! Pas ceux de Saint-Etienne, non, ceux du New Jersey ! J-E-T-S, JETS, JETS, JETS ! Rassurez-vous, aucune trace de Fireman Ed ici, nous n’aborderons l’intersaison de Gang Green que du côté du terrain. Le bien (il y en a eu), le moins bien et le gros point noir dans la construction du roster  des Jets pour la saison à venir.

The Good : L’arrivée de Steve McLendon. L’imposant Damon Harrison parti chez les Giants voisins toucher l’équivalent de son poids en dollars, les Jets se sont rabattus sur Steve McLendon, une option nettement moins onéreuse, pour le remplacer au poste de nose tackle. L’ex-Steeler ne possède pas le même pouvoir de nuisance contre le run que «Snacks» mais il devrait toutefois trouver sa place comme two-down player au milieu de la ligne défensive new-yorkaise. Difficile, effectivement, de ne pas préférer un McLendon à 10,5M$ sur les trois prochaines saisons (et presque rien de garanti au-delà de 2017) à un Damon Harrison qui vient tout juste d’empocher 20 des 46 millions de dollars qui lui sont dus sur les 5 prochaines année…

Il en va comme ça de la plupart des joueurs que les Jets ont eu à remplacer jusque-là : Chris Ivory a monnayé son excellente saison 2015 contre un deal de 32 millions de dollars avec Jacksonville, une somme que McCagnan, le GM new-yorkais, n’était manifestement pas prêt à investir dans un running back. Place donc à Matt Forte dans le backfield des Verts pour presque trois fois moins. D’Brickshaw Ferguson brusquement retraité, c’est Ryan Clady qui a fait le voyage depuis Denver avec seulement 1,5M$ garantis dans ses valises pour le remplacer au poste de left tackle. Les Jets ont donc dépensé malin cette année, loin du contrat pharamineux accordé à Darrelle Revis l’an dernier, par exemple.

The Bad : Le ou plutôt LES quarterbacks. Cette approche low-cost, McCagnan semble même l’avoir adoptée au seul poste auquel les franchises NFL dépensent d’ordinaire sans compter. Sérieusement, était-ce si compliqué que ça de trouver un terrain d’entente avec Ryan Fitzpatrick ? Il faut croire que oui… A moins que les Jets ne se soient rendus compte qu’ils étaient dans une impasse, coincés entre un «vieux» QB – Fitzpatrick, donc – difficilement capable de les mener plus haut que ce qu’il a fait l’an dernier (à savoir pas bien loin non plus, hein…) et un plus jeune, Geno Smith, qui pourrait peut-être faire aussi bien comme il pourrait les enfoncer plus bas que terre.

Espérons seulement que les Jets ne comptent pas sur Christian Hackenberg, sélectionné au 2e tour de la dernière Draft après une carrière à Penn State plus en dents de scie que le profil d’une étape de montagne du Tour de France, pour les sortir de cette situation jusqu’ici sans issue.

The Ugly : Muhammad Wilkerson. C’est le meilleur joueur de l’équipe, l’un des defensive linemen les plus productifs de la ligue et sans doute l’un des plus polyvalents derrière JJ Watt. C’est aussi, à l’heure actuelle, un joueur sans contrat (les joueurs frappés du franchise tag ne sont pas tenus de signer immédiatement le contrat d’un an proposé par l’équipe ; très peu le font) avec qui les Jets n’ont plus que quelques jours avant la deadline du 15 juillet pour négocier un deal long terme.

Difficile de lire la stratégie adoptée par les Jets à propos du cas Wilkerson… Y en a-t-il une, d’ailleurs ? Les Jets l’ont-il seulement «franchisé» pour pouvoir l’échanger contre – qui sait ? – un quarterback, par exemple ? Si tel était le plan, c’est manifestement raté. Ont-ils l’intention de lui offrir finalement une prolongation de contrat, auquel cas le deal de Fletcher Cox avec les Eagles servirait de baseline solide aux discussions entre les deux parties, avant le 15 ? Le peu d’échanges entre le camp de Wilkerson et les Jets laisse suggérer que non. Ou bien ont-ils simplement l’intention de ne le garder qu’un an de plus grâce au tag, confier les clés de la D-line à Sheldon Richardson et Leonard Williams et recevoir un 3e tour de Draft de compensation lorsqu’il signera chez les Pats ailleurs en 2017 ? Au stade où nous en sommes, c’est l’option la plus probable. Et c’est aussi la moins bonne: ce serait à la fois récupérer bien peu en cas de départ de «Mo», dont la valeur est plus proche d’un top 10 pick que d’un 3e tour de Draft, et se méprendre sur les capacités de Richardson et Williams (deux bons joueurs en soi, mais pas du niveau de Wilkerson) de maintenir à eux seuls la ligne défensive des Jets parmi les meilleures de la NFL. Difficile de croire que l’une des pièces maîtresses du succès des Jets ces dernières saisons entame peut-être sa dernière campagne à New York.

The Good, The Bad And The Ugly : Les Miami Dolphins

 

Un temps absent, Reshad Jones a finalement rejoint le groupe pour le minicamp de juin

Un temps absent, Reshad Jones a finalement rejoint le groupe pour le minicamp de juin

Les Finales NBA passées, l’Euro qui touche à sa fin, il était grand temps de reprendre le fil de notre série notre série de l’intersaison, «The Good, The Bad And The Ugly» ! Place aujourd’hui aux Dolphins de Miami, une franchise qui a connu un énorme turnover lors de la dernière free agency.

The Good : Laremy Tunsil. Il consomme sa weed de curieuse façon, certes, mais n’en demeure pas moins un excellent joueur. Peut-être même le meilleur à sortir de cette classe de Draft 2016 si tout s’il évite les clubs de South Beach, qui sait. Les Dolphins peuvent donc s’estimer heureux d’avoir pu le sélectionner si tard au 1er tour (en 13e position), eux qui s’étaient pourtant exclus du top 10 après un curieux trade avec les Eagles.

The Bad : Il va sans doute jouer guard. Les postes de tackles gauche et droit respectivement occupés par Branden Albert et Ja’Wuan James, le staff de Miami s’est résolu à faire du rookie un lineman intérieur alors qu’il n’a disputé aucun snap à ce poste à Ole Miss. S’il devrait facilement faire un meilleur guard gauche que Dallas Thomas, on peut cependant regretter la décision de Miami de drafter un pur tackle comme Tunsil avec leur 1er tour de Draft pour le transformer aussitôt en guard. Disons que tout cela ne relève sans doute pas d’une affectation optimale des ressources…

The Ugly : L’exode. Brent Grimes, Olivier Vernon, Rishard Matthews, Lamar Miller… La liste des joueurs à avoir quitté la Floride lors de la dernière période de free agency est longue et loin d’être dénuée de talent. Vernon a bien été remplacé par Mario Williams et Grimes par Byron Maxwell mais ça n’est que purement arithmétique ; Byron Maxwell, par exemple, ne vaut pas Grimes, de loin le meilleur cornerback que comptait l’effectif des Dolphins en 2015.

Ces départs reflètent par ailleurs un mal plus profond qui touche la franchise floridienne : leur manque de flexibilité face au salary cap. Des joueurs comme Vernon ou Miller, qui ont signé en mars dernier leur second contrat pro, sont d’ordinaire ceux que les formations NFL aspirent le plus à conserver. Sinon à quoi bon drafter Lamar Miller (qui a grandi à Miami et joué à la fac chez les ‘Canes, en passant) au 4e tour, le développer et en faire le running back titulaire de l’équipe pour le voir faire ses valises quatre ans plus tard direction Houston à seulement 25 ans ? Les deals juteux accordés à Tannehill, Albert et Suh pèsent aujourd’hui lourd dans les comptes de la franchise et risquent de pénaliser à la fois le futur recrutement et la capacité des Dolphins à retenir leurs propres joueurs (Hello, Jarvis Landry !) … A moins qu’ils ne se livrent au jeu risqué des restructurations de contrats en cascade… Et connaissant Mike Tannenbaum, le président de l’équipe, c’est sans doute la voie dans laquelle Miami s’engagera.

L’absent : Reshad Jones. On ne compte plus les joueurs absents des OTAs à cette époque-là de l’année pour tenter d’obtenir une revalorisation salariale. Reshad Jones, lui, menaçait tout bonnement de manquer la saison 2016 si les ‘Fins ne faisaient pas de lui l’un des safeties les mieux payés de la NFL. Si Jones est finalement revenu pour participer au minicamp qui se tenait fin juin, un éventuel holdout de l’unique cadre du secondary des Dolphins lors du training camp handicaperait sévèrement les mises en place tactiques de Vance Joseph, le nouveau coordinateur défensif de Miami.

Le nouveau : Ifo Ekpre-Olomu. Un temps considéré comme l’un des meilleurs conerbacks de sa classe d’âge lorsqu’il évoluait chez les Ducks d’Oregon, Ekpre-Olomu a vu sa carrière dérailler suite à une grave blessure au genou à la fin de sa carrière universitaire. Un scénario semblable à celui qu’a connu Jaylon Smith cette saison, à l’exception près que les Cowboys n’étaient pas là pour le sauver de dégringolade lors de la Draft. Ignoré lors de l’édition 2015 jusqu’à ce que les Browns ne le choisissent au 7e tour, Ekpre-Olomu refait surface aujourd’hui à Miami où le staff médical vient de lui donner le feu vert pour participer aux entraînements. Joueur physique, à l’aise en press coverage et bon plaqueur malgré son petit gabarit, il pourrait être la bonne pioche des ‘Fins à un poste où ils ne comptent aucune véritable certitude derrière Byron Maxwell (en est-il une lui-même, d’ailleurs ?).

Au final, la saison des ‘Fins devrait dépendre de la capacité d’Adam Gase, le head coach rookie de Miami, de faire prendre la mayonnaise en attaque. Plusieurs coordinateurs offensifs se sont déjà frottés à Tannehill sans que cela ne produise beaucoup d’étincelles au tableau d’affichage ; fort de ses succès à Denver et Chicago, Gase dispose d’atouts offensifs intéressants (les jeunes Jay Ajayi et DeVante Parker, entre autres) pour la saison à venir. Il ne lui reste plus qu’à composer la partition gagnante.

The Good, The Bad And The Ugly : Les Buffalo Billls

Jonathan_Meeks_BillsOTAs

Les safeties Duke Williams (#27) et Jonathan Meeks (#36) profiteront cette année de l’expérience d’un futur Hall-of-famer dans le staff des Bills

 

The Good, The Bad And The Ugly. C’est avec le titre original du film « Le Bon, la brute et le truand », qu’un supporter de Bernie Sanders résumait récemment les primaires américaines (libre à chacun de placer Clinton et Trump dans l’ordre qui lui plait…). C’est également comme cela qu’on pourrait résumer l’intersaison de la quasi-totalité des équipes de la ligue : du bien (rarement), du pas terrible (souvent) et parfois même du carrément catastrophique…

Pour fêter le retour aux affaires de la NFL et le début des OTAs (Organized Team Activities), Read Option vous propose donc de partir faire un tour des 32 franchises NFL à travers une série de posts au format raccourci dans lesquels nous reviendrons sur l’intersaison de chacune des 32 franchises. Première étape à Buffalo où Rex Ryan et son frère Rob ne manquent pas d’optimisme pour la saison à venir.

The Good : Cordy Glenn et Richie Icognito ont re-signé. On attendait des Bills l’an dernier une formidable ligne défensive, on aura finalement eu droit à une surprenante ligne offensive. Doug Whaley, le GM, a donc bien fait de « franchiser » (puis de signer) Glenn et de prolonger Icognito, l’ex-pariah des Dolphins de retour aux affaires dans un système où son agressivité (« dans le bon sens du terme », bien sûr) a fait de lui l’un des meilleurs pulling guards de la NFL en 2015. Le côté gauche de la O-line des Bills reste donc inchangé en 2016, un gros plus pour la meilleure attaque à la course en volume l’an dernier en NFL (2432 yds gagné au total).

The Bad : Gilmore et Taylor en stand-by. La liste des joueurs dont les contrats étaient à prolonger ne s’arrêtait malheureusement pas aux deux linemen offensifs pour les Bills. Stephon Gilmore, le cornerback numéro un de l’effectif, et Tyrod Taylor, le quarterback titulaire, abordent tous deux cette saison dans la dernière année de leurs contrats respectifs. Pour Gilmore, qui a choisi de ne pas se rendre aux OTAs cette semaine (entraînements auxquels la participation est basée sur le volontariat, rappelons-le), le récent contrat de Josh Norman avec les Redskins complique certainement les négociations.

Pour Taylor, en revanche, Buffalo semble avoir manqué une fenêtre de tir cet hiver pour lui proposer un nouveau contrat que l’on aurait pu qualifier de team friendly ; une nouvelle saison semblable à celle de l’an dernier (3000+ yards à la passe, 560+ yards à la course, 24 TDs/11 pertes de balles) et c’est le franchise tag assuré pour Taylor. Un tag qui devrait largement dépasser les 20 millions de dollars en 2017 si l’on se fie à celui que Washington a utilisé pour conserver Kirk Cousins cette saison (19,95M$). Taylor, un sixième tour de Draft en 2011 dont les gains lors de ses cinq premières saisons pro ne doivent pas dépasser une poignée de millions de dollars, n’aurait sans doute pas craché sur le contrat de Sam Bradford, par exemple (avec un ou deux ans de plus, certes). Après tout, Brock Osweiler a bien signé chez les Texans pour 18M$/an sans avoir montré la moitié de ce que Taylor a fait en 2015, non ?

The Ugly : Les blessures de Watkins et Lawson. Les joueurs n’ont pas encore enfilé leurs pads (enfin, sauf à Baltimore…) que Buffalo compte déjà deux blessés majeurs : Sammy Watkins (pied cassé) et Shaq Lawson (épaule en vrac). Si le premier devrait être revenu à temps pour septembre, le rookie devrait, lui, manquer tout ou partie de sa première saison professionnelle. Une indisponibilité étonnante alors que Whaley et le staff médical des Bills l’avaient déclaré apte au service juste après l’avoir sélectionné au premier tour.

Terminons enfin avec trois figures, connues ou non, qui ont marqué à mon sens l’intersaison des Bills. Je verrai si je conserve les mêmes rubriques pour les autres équipes, cette chronique ne fait que démarrer !

L’absent : Bacarri Rambo. Personne à Orchard Park ne semble regretter l’absence de Mario Williams alors intéressons-nous plutôt à Bacarri Rambo, le safety remplaçant qui avait suppléé Aaron Williams la saison dernière suite à sa grave blessure aux cervicales. Décevant lors de ses débuts à Washington, Rambo semblait avoir trouvé ses marques en tant que free safety à Buffalo. Pas suffisamment cependant pour que les Bills décident de le re-signer à l’intersaison. Un choix étonnant alors qu’il représenterait une solution de rechange viable si Williams venait à souffrir à nouveau du cou.

L’intrus : Ed Reed. Dernier arrivé dans le staff des frères Ryan, le futur HallofFamer démarre sa carrière d’entraîneur en tant qu’assistant des arrières défensifs auprès de Tim McDonald, le coach du secondary de l’équipe. Nul doute que l’ancien Raven, qui connait ce défensif-là par cœur, saura prodiguer quelques petites astuces à Corey Graham ainsi qu’aux autres safeties des Bills.

Le nouveau : Kevon Seymour. Je vous laisse avec le fantastique portrait de Seymour, le 6e tour de Draft des Bills, par Tyler Dunne du Buffalo News. C’est très feel-good story, je le concède, mais on a vraiment envie de voir Seymour réussir après avoir lu l’article.

Mock Draft 2.0: Les questions du Top 10

Myles Jack, l'une des inconnues de ce top 10

Myles Jack, l’une des inconnues de ce top 10

Quarterbacks archi-convoités, GMs sous pression et franchise tag révoqué, l’actualité NFL aura vite eu raison de notre première mock draft sur le site. Reprenons donc tout depuis le début: les Rams ont leur quarterback et les Titans de quoi entourer Mariota pour les quatre/cinq prochaines saisons ; les Eagles avaient déjà leur passeur (les leurs, même, avec Bradford et Daniel) mais préfèrent en avoir un de plus sous la main, juste au cas où, tandis que les Browns ont récupéré de quoi reconstruire trois fois leur équipe d’ici à 2018.

Voilà pour les  deux premiers choix de la Draft. Pour le reste, en revanche, beaucoup de choses restent encore en suspens. Paxton Lynch, le moins côté des trois meilleurs quarterbacks de cette Draft, devient mécaniquement l’objet de nombreuses convoitises ; les Jets, par exemple, iraient-ils le chercher avant les 49ers ou les Bears ? Qui de Jalen Ramsey, Laremy Tunsil ou Joey Bosa sera le premier non-quarterback drafté ? Retour sur le top 10 de notre première mock draft à travers quatre questions dont nous aurons les réponses la nuit prochaine.

1. Goff/Wentz, oui… Mais dans quel ordre ?

Tous les insiders NFL, d’Adam Schefter à Michael Silver de NFL Network, envoient déjà Jared Goff chez les Rams de Los Angeles, laissant les Eagles récupérer Wentz juste derrière. Pourtant, si l’on s’en tient à la seule question du fit, Wentz s’insèrerait plus facilement à L.A. dans une attaque lourde de play-actions dominée par Todd Gurley tandis que Goff, fort de son background dans une attaque en spread à Cal, serait à son aise dans le système plus ouvert de Doug Pederson, le nouveau coach de Philly. Quoi qu’il en soit, les deux formations ont eu suffisamment de temps lors de l’interminable process menant à la Draft pour sonder les intéressés et faire leur choix… Ou pas, dans le cas des Eagles qui semblent se satisfaire de Goff comme de Wentz.

Les choix: 1. Saint Louis Los Angeles Rams: Jared Goff, QB – Cal  //  2. Philadelphia Eagles: Carson Wentz, QB – North Dakota State

2. Qui sera le premier non-quarterback sélectionné ?

Rentrons maintenant dans le vif du sujet. Peu de chances que Lynch suscite suffisamment d’intérêt ici pour générer un troisième trade au sommet de cette Draft. Reste cependant à savoir “qui” et “par qui” sera sélectionné le premier “joueur de champ” de cette édition 2016. Commençons par le “par qui”: à vrai dire, il n’y a guère que les Titans qui disposent des munitions ET des besoins nécessaires pour conclure un trade avec San Diego. Seul problème: en échangeant leur “3” contre le “15” des Titans (plus d’autres babioles, bien sûr), les Chargers se mettraient hors-jeu pour les cinq ou six top players que contient cette Draft. Difficile à envisager pour une franchise qui a besoin d’aide immédiatement. Les Chargers donc, mais avec quel choix ? Puisque King Dunlap se déclare “Ready to roll” et que Joe Barksdale a prolongé, San Diego a moins besoin de Tunsil que de Jaylen Ramsey, le defensive back des Séminoles qui viendrait remplacer Eric Weddle comme couteau suisse dans leur secondary.

Le choix: 3. San Diego Chargers: Jaylen Ramsey, DB – Florida State

Déjà équipés en quarterbacks, les Cowboys et les Jaguars ne menacent pas les formations qui convoiteraient Paxton Lynch. Ils devraient emboiter le pas des Chargers et drafter deux des prospects qui sortent du lot de cette classe 2016: Joey Bosa pour Dallas et Tunsil pour Jacksonville viendraient renforcer des postes sur lesquels les deux équipes sont bien fragiles. (Mais ça n’est qu’une combinaison parmi bien d’autres ; on imagine facilement les deux clubs sélectionner respectivement Ezekiel Elliott et DeForest Buckner, par exemple)

Les choix: 4. Dallas Cowboys: Joey Bosa, DE – Ohio State  //  5. Jacksonville Jaguars: Laremy Tunsil, OT – Ole Miss

3. Y aura- t-il d’autres gros trades ?

La première équipe susceptible d’être intéressée par Lynch, c’est San Francisco. Pour l’enjamber, il faut donc s’entendre avec la franchise qui les devance, les Ravens et leur GM Ozzie Newsome rompu aux manigances en tous genres les soirs de Draft. Voilà pourquoi Baltimore m’apparait comme le partenaire idéal pour échanger ce choix avec les Jets… A condition que les Jets incluent Mo Wilkerson dans la transaction et que ce dernier trouve au moins un accord de principe avec les Ravens sur un nouveau contrat. Pas évident, certes, mais pas infaisable non plus. Les Niners n’auraient alors plus qu’à se consoler avec Buckner ou Ronnie Stanley, par exemple, les deux derniers blue chip prospects de cette cuvée.

Les choix: 6. New York Jets: Paxton Lynch, QB – Memphis  // 7. San Francisco 49ers: DeForest Buckner, DL – Oregon

4. Jusqu’où tombera Myles Jack ?

On croyait Jaylon Smith, le magnifique linebacker de Notre Dame gravement blessé au genou lors de son dernier match universitaire, seul dans son malheur ; le voilà rejoint par Myles Jack, également victime d’une blessure au genou plus grave que prévue initialement. Si Jack ne risque pas de sombrer jusqu’au 4e tour comme cela se murmure à propos de Smith, le linebacker des Bruins pourrait néanmoins sortir d’un top 10 qu’il n’avait jamais vraiment quitté jusque là dans toutes les mock drafts. On voit mal les Browns, en pleine reconstruction, confier le chantier de la défense à un joueur qui risque de prendre sa retraite d’ici quatre ou cinq ans, ni les Bucs, qui comptent déjà Lavonte David et Kwon Alexander au même poste, prendre le risque de choisir Jack. Restent les Giants, la franchise-infirmerie par excellence, celle qui a signé Jon Beason, perpétuellement blessé, pour jouer linebacker et qui pourrait être tentée de drafter un joueur qu’elle ne pensait même pas approcher avec son 10e choix.

Les choix: 8. Cleveland Browns: Ronnie Stanley, OT – Notre Dame  //  9. Tampa Bay Buccaneers: Shaq Lawson, DE – Clemson  //  10. New York Giants: Myles Jack, LB – UCLA

Voilà donc pour ce dernier top 10 avant la Draft. La réalité sera bien différente demain soir (un énième trade de Cleveland hors du top 10 ?), cette Draft s’annonçant comme l’une des plus indécises depuis l’édition 2011 et les sélections de Gabbert, Locker et Ponder que personne n’avait anticipé.

Mock Draft 1.0 (suite)

Robert Nkemdiche a déjà chuté de 4 étages... Tombera-t-il plus bas lors de la Draft ?

Robert Nkemdiche a déjà chuté de 4 étages… Tombera-t-il plus bas lors de la Draft ?

 

Suite et fin de notre mock draft maison avec la deuxième moitié du tableau où les choses se compliquent nettement pour votre fidèle serviteur… Cette année, passé la première huitaine de sélections, le big board est globalement assez flou: qui de Mackenzie Alexander, William Jackson III ou Eli Apple est le meilleur cornerback derrière Hargreaves ?  Comment Houston, Minnesota et Cincinnati, qui se tiennent dans un mouchoir de poche, se répartiront-ils les receveurs restants ? Lequel parmi les nombreux defensive tackles risquant de partir au 1er tour sera la bonne pioche de cette Draft ? Rankins ? Nkemdiche ? Billings ? Honnêtement, nul ne la sait… Pas même les équipes qui vont les sélectionner. Voilà pourquoi j’ai décidé de découper ces seize derniers choix en 4 groupes que voici :

Groupe 1 : Les Aspirants

Commençons par trois équipes dont on est en droit d’attendre plus en 2016. Les Falcons nous doivent une moitié de saison (la deuxième, lorsqu’ils se sont écroulés l’an dernier), Andrew Luck nous en doit une entière et Tyrod Taylor doit nous en montrer un peu plus si Buffalo veut accrocher les Playoffs derrière les Patriots.  Ces choix sont donc l’occasion pour les trois franchises de corriger ce qui n’a pas été la saison dernière.

17. Atlanta Falcons: Sheldon Rankins, DT – Louisville

Il y a mille raisons de ne pas aimer l’arrivée de Mohamed Sanu à Atlanta, à commencer par le montant du contrat, mais l’ex-Bengal a au moins le mérite de venir combler le trou béant derrière Julio Jones au poste de receveur. Les Falcons pourraient donc se tourner ici vers leur défense et y ajouter Rankins, de loin le meilleur joueur disponible dans ce scénario.

18. Indianapolis Colts: Kamalei Correa, EDGE – Boise State

Ryan Grigson, le GM des Colts, a été bien prudent en free agency cette année, certainement refroidi par les échecs répétés de ces dernières saisons. Arthur Jones constamment blessé et Trent Cole en fin de course, Grigson serait bien inspiré d’injecter un peu de sang neuf dans un front seven qui perdu son meilleur élément, Jerrell Freeman, parti à Chicago. Correa pourrait très bien être Bjoern Werner 2.0 comme il pourrait être le nouveau playmaker de cette défense. Le risque mérite d’être pris en tout cas.

19. Buffalo Bills: Noah Spence, EDGE – Eastern Kentucky

L’an dernier, les Bills se sont découverts un quarterback mais ont égaré leur défense. Spence pourrait aider les frères Ryan à la retrouver en formant avec Jerry Hughes un duo explosif de pass-rushers capable de faire mieux à eux deux que les 21 petits sacks enregistrés l’an dernier par l’ensemble de l’équipe (avant-dernier total NFL). Les problèmes de drogue de Spence à la fac ne devraient pas effrayer Rex plus que ça.

Groupe 2 : Le Quarterback

20. New York Jets: Jared Goff, QB – Cal

Peu de chances en réalité que Goff dégringole jusqu’aux Jets le 28 avril prochain (à moins que cela ne soit le sort des QBs de Cal de chuter au premier tour comme Aaron Rodgers en son temps, qui sait…). Incapables de s’entendre avec Ryan Fitzpatrick, les new-yorkais pourraient toutefois trouver un moyen d’acquérir son remplaçant, que ce soit Goff, Lynch ou même Wentz, en utilisant Mo Wilkerson comme monnaie d’échange. Un Wilkerson serait d’ailleurs bien inspiré de se rendre à Chicago en personne, une ville où il pourrait tout à fait rester en échange du 11e choix que détiennent les Bears, par exemple. Une chose est sûre, la partie est loin d’être terminée pour les Jets lors de cette intersaison.

Groupe 3 : Ceux qui sont à un joueur près

En admettant qu’Osweiler se montre à peu près compétant en tant que QB titulaire, on a affaire ici à cinq équipes qui peuvent prétendre aller plus loin que le premier tour des Playoffs qu’elles n’avaient pas réussi à franchir l’an dernier (sauf Pittsburgh, bien sûr, qui avait battu les Bengals… A moins que les Bengals ne se soient battus eux-mêmes ce jour là, je me souviens plus). Un run en Playoffs oui, à condition de trouver la pièce manquante à leur effectif. Vous allez voir, elles sont facilement identifiables.

21. Washington Redskins: Mackensie Alexander, CB – Clemson

La pièce manquante: un cornerback. Depuis la conversion de DeAngelo Hall en safety, les ‘Skins ne peuvent compter que sur Bashaud Breeland comme certitude au poste de corner. Chris Culliver reviendra l’an prochain après une seconde rupture des ligaments croisés et Will Blackmon peut filer un coup de main mais aucun d’entre eux n’offre l’upside d’Alexander.

22. Houston Texans: Josh Doctson, WR – TCU

La pièce manquante: un receveur. Derrière DeAndre Hopkins, le néant (ou presque, j’ai un petit faible pour Jaelen Strong perso). Les Texans n’ont pas signé leur Sanu à eux en free agency et pourraient donc se reporter sur la Draft et choisir Doctson pour épauler Hopkins. Peu de receveurs sont capables d’aller chercher le ballon au dessus des défenseurs comme lui, jugez-en par vous-mêmes.

23. Minnesota Vikings: Corey Coleman, WR – Baylor

La pièce manquante: Un receveur. Bridgewater protégé par les arrivées d’Alex Boone et d’Andre Smith en ligne offensive, il ne lui reste plus qu’à lui trouver d’autres cibles que Stefon Diggs. Coleman apporterait sa vitesse et ses qualités athlétiques à un jeu de passe qui a parfois manqué de profondeur la saison dernière.

24. Cincinnati Bengals: Robert Nkemdiche, DE – Ole Miss

La pièce manquante: un receveur (encore…) A vrai dire, les Bengals n’ont pas besoin de grand chose. Les départs de Sanu et Marvin Jones les obligeront sans doute à drafter un receveur à un moment donné (malgré l’arrivée de LaFell) mais puisqu’ils ne font jamais comme tout le monde, je les vois plutôt partir dans une direction inattendue. Ajoutons Nkemdiche à Burfict et Pacman Jones, juste pour voir ce qui se passe lorsque les Bengals affronteront les Steelers.

25. Pittsburgh Steelers: William Jackson III – Houston

La pièce manquante: un cornerback. Les Steelers, parlons-en justement. Après avoir drafté, sans grand succès, trois linebackers à la suite au 1er tour (Bud Dupree, Shazier et Jarvis Jones), Pittsburgh pourrait enfin diriger ses efforts vers un secondary qui ne compte que William Gay et Cortez Allen comme corners d’expérience. L’arrivée de Jackson, couplée au retour de blessure de Senquez Golson, donnerait une toute allure à l’ensemble.

Groupe 4 : Les Favoris

Ok, les Chiefs ne font sans doute pas partie de ce groupe mais ils possèdent néanmoins l’un des rosters les plus fournis de la ligue. Pour ces franchises là, nul besoin de viser un poste en particulier ; elles peuvent souscrire à la doctrine du Best Player Avalaible et se permettre de ne choisir qu’en fonction du talent des joueurs encore disponibles.

26. Seattle Seahawks: Ryan Kelly, C – Alabama

… Sauf dans le cas des Seahawks et de leur offensive line insipide, bien sûr. Les bons tackles capables de remplacer Russell Okung partis depuis longtemps dans le top 10, Seattle pourrait jeter son dévolu sur Kelly pour combler les trous de l’un des plus gros gruyères de la NFL.

27. Green Bay Packers: Jihad Ward, DL – Illinois

BJ Raji retraité, Datone Jones en passe d’être un énorme flop, la ligne défensive des Packers pourrait accueillir un playmaker supplémentaire aux côtés de Mike Daniels sans difficulté. Ward, plutôt projeté au second tour, a tous les traits d’un Packer en devenir: athlétique, polyvalent et armé d’une détermination à toute épreuve. Sérieusement, lisez le portrait que Robert Mays lui a consacré la semaine dernière sur TheMMQB.com si vous ne me croyez pas.

28. Kansas City Chiefs: Eli Apple, CB – Ohio State

Sean Smith parti chez les rivaux Raiders, les Chiefs sont à la recherche d’un cornerback capable de prendre sa place sur le flanc droit de leur défense à l’opposé de Marcus Peters. Apple possède la taille et les qualités de couverture en individuelle que les Chiefs recherchent à ce poste.

29. Arizona Cardinals: Jaylon Smith, LB – Notre Dame

Equipés désormais d’un pass-rusher de compet’ depuis l’arrivée de Chandler Jones, les Cards font partie des équipes qui pourraient se permettre le luxe de drafter celui qui aurait été un top 5 pick à coup sûr s’il ne s’était pas démonté le genou lors du dernier match de sa carrière universitaire. Arizona pourrait attendre que Smith revienne à 100%, quitte à patienter jusqu’en 2017 pour cela, avant qu’il ne prenne la place de Kevin Minter au centre de leur défense.

30. Carolina Panthers: Emmanuel Ogbah, DE – Oklahoma State

J’aurais dit secondary, (corner ou safety) il y a encore quelques jours mais je trouve la signature de l’ex-Eagle Brandon Boykin très maline. Ogbah viendrait remplacer numériquement Jared Allen, parti à la retraite sur son cheval, et préparer l’après-Charles Johnson qui n’a prolongé que pour un an, rappelons-le.

31. Denver Broncos: Chris Jones, DT – Mississippi State

Le nouveau Malik Jackson ? Sans doute pas, mais les joueurs de son gabarit capables de jouer indifféremment 1, 3 ou 5-technique sur la ligne défensive ça ne court pas les rues. Quoiqu’il arrive, les Broncos devraient avoir le choix parmi un grand nombre de defensive linemen avec ce dernier pick du 1er tour ; je n’ai même pas réussi à caser les deux armoires d’Alabama, Jarran Reed et A’Shawn Robinson, ni Sheldon Day et Vernon Butler, tous régulièrement projetés au 1er tour dans les autres mock drafts.

Des defensive linemen, encore des D-linemen, toujours des D-linemen… Voilà donc ce qu’il faut retenir pour le premier tour de cette Draft 2016. Paxton Lynch pourrait cependant bien venir briser cette monotonie si l’une des équipes ayant raté Wentz et Goff décidait de “trader” vers la fin du 1er tour.

Mock Draft 1.0

Laquon Treadwell ? Non, Laremy Tunsil. Plutôt athlétique pour un tackle le bonhomme

Laquon Treadwell ? Non, Laremy Tunsil. Plutôt athlétique pour un tackle le bonhomme

Maintenant que les Browns ont un quarterback, je peux enfin vous proposer ma mock draft perso ! Exercice futile mais néanmoins distrayant, les mocks ont au moins le mérite de cerner les principaux besoins de chaque équipe tout en proposant un aperçu du pool de joueurs disponibles cette année. Bien évidemment, rien de ce que j’avance ici ne se réalisera le 28 avril prochain à Chicago, pas même le premier choix de cette Draft peut-être. En gardant cela à l’esprit, voici donc à quoi pourrait vaguement ressembler le premier tour de cette édition 2016.

1. Tennessee Titans: Laremy Tunsil, OT – Ole Miss

Idéalement, les Titans se débarrasseraient bien de ce choix pour faire le plein de picks et reconstruire l’équipe autour de Marcus Mariota. En réalité, Tennessee aura bien du mal à trouver une formation suffisamment intéressée à l’idée de choisir en preum’s pour payer la rançon que l’acquisition d’un tel choix exige. Cela étant dit, il y a pire comme plan B que de faire de Laremy Tunsil le premier choix de cette Draft.

2. Cleveland Browns: Carson Wentz, QB – North Dakota State

Cleveland, c’est LA wild card de ce top 10. Ils ont empilé les tours de compensation de Draft pour l’an prochain en laissant tout le monde partir (Travis Benjamin, Mitchell Schwartz, Alex Mack, Tashaun Gipson…) et j’ai le sentiment qu’ils ont aussi envie d’en récupérer d’autres encore dès maintenant en échangeant ce 2e choix pour une multitude de picks inférieurs. Le nouveau front office en place emmené par l’ex-Met Paul DePodesta joue la carte du moneyball à fond, une stratégie où les tours de Draft, peu importe leur valeur, sont autant de tickets gagnants potentiels à la loterie: plus on en a, mieux on se porte… Surtout lorsque l’on doit renouveler la moitié de l’effectif. Mais puisque je peux difficilement prédire un trade, donnons-leur ici Wentz, le prodige de North Dakota State qui pourrait rapidement supplanter RGIII dans la nouvelle hiérarchie des passeurs des Browns.

3. San Diego Chargers: Jalen Ramsey, DB – Florida State

C’est peut-être le meilleur joueur de cette Draft 2016. Capable de jouer aussi bien corner que safety, l’arrière défensif des Seminoles viendrait renforcer un secondary où il pourrait remplacer Eric Weddle, parti à Baltimore, ou soulager Brandon Flowers qui a souffert l’an dernier en couverture. Les Chargers arriveraient ainsi à résoudre l’équation need/talent si importante dans la Draft NFL.

4. Dallas Cowboys: Joey Bosa, DE – Ohio State

Les Cowboys ont “shoppé” malin pendant la free agency: arrivées de Cédric Thornton et d’Alfred Morris, prolongation de Rolando McClain… Dallas est donc en position pour  choisir ce fameux best player avalaible que les franchises NFL recherchent tant. Attribuons-leur Bosa, qui pourrait remplacer Randy Gregory, suspendu en septembre, et Greg Hardy, persona non grata, dès le coup d’envoi de la saison.

5. Jacksonville Jaguars: Myles Jack, LB – UCLA

Cerise sur le gâteau pour Jacksonville, Jack viendrait compléter une défense qui a déjà enregistré les arrivées de Malik Jackson, Tashaun Gipson et Prince Amukamara. Ses qualités athlétiques de three-down linebacker pourraient rapidement faire de lui le patron de la défense des Jags tout en préparant l’après-Paul Posluszny.

6. Baltimore Ravens: DeForest Buckner, DE – Oregon

L’an dernier, Baltimore comptait ses blessés: Terrell Suggs, Steve Smith, Justin Forsett et Joe Flacco notamment.  Des titulaires à des postes clés que les Ravens espèrent voir revenir à 100% s’ils veulent avoir une chance de revenir en Playoffs la saison prochaine. DeForest Buckner, l’imposant defensive end des Ducks d’Oregon, donnerait aux Ravens un difference maker de plus dans la veine d’un Trevor Pryce au cas où Suggs, à 34 ans, ne reviendrait pas à son meilleur niveau en 2016.

7. San Francisco: Ronnie Stanley, OT – Notre Dame

Je suis d’avis que Chip Kelly est secrètement saucé à l’idée de coacher Kaep Blaine Gabbert. Oui, le bust des Jaguars, le quarterback dont tout le monde s’est moqué au moins dix fois depuis son arrivée en NFL… Mais un joueur qui s’est repris en fin de saison dernière lorsqu’il a remplacé Kaepernick et qui, à Missouri, évoluait dans un système en spread comparable à ce que Kelly pourrait installer à San Francisco. Bref, pas de QB pour les Niners ici mais un tackle capable de remplacer dès à présent Anthony Davis, retraité l’an dernier, à droite puis Joe Staley, retraité l’an prochain (je m’avance pas trop en disant ça), à gauche au poste de left tackle.

8. Philadelphia Eagles: Ezekiel Elliott, RB – Ohio State

Ce quarterback, je l’aurais presque donné aux Eagles à vrai dire. Mais Elliott est un bien meilleur running back que Jared Goff et Paxton Lynch ne sont quarterbacks. DeMarco Murray parti à Tennessee, Elliott serait parfait en every-down back chez les Eagles tandis que Ryan Matthews et Darren Sproles retrouveraient des places de role-players taillées sur mesure pour eux.

9. Tampa Bay Buccaneers: Shaq Lawson, DE – Clemson

Adrian Clayborn et Da’Quan Bowers via la Draft, Michael Johnson via la free agency… La liste des defensive ends qui ont fait des bides à Tampa est plus longue que le générique de Ben Hur. Cela ne devrait pas les empêcher pas de retenter leur chance avec Shaq Lawson, histoire de ne pas laisser Gerald McCoy être le meilleur pass-rusher de l’équipe pour la 4e saison consécutive.

10: New York Giants: Reggie Ragland, LB – Alabama

Pour les Giants on va faire un truc complètement fou, on va leur donner un LINEBACKER. Persuadés par leurs titres de 2007 et 2011 que la défense ne se jouait qu’avec les quatre de devant, à l’époque où les Strahan, Tuck et autres Umenyora faisaient la loi, les G-Men n’ont jamais cru bon d’investir dans un linebacker valable depuis la retraite d’Antonio Pierce. Le rugueux Ragland pourrait tout de suite s’installer au milieu de la défense new-yorkaise derrière la ligne défensive toute neuve des Giants.

11. Chicago Bears: Vernon Hargreaves, CB – Florida

Auteurs de quelques uns des meilleurs coups de la période de free agency (Danny Trevathan, Jerrell Freeman, Akiem Hicks…), les Bears version John Fox construisent sans trop de bruit un effectif plutôt cohérent. Fox et Vic Fangio, son coordinateur défensif, seraient certainement ravis de pouvoir ajouter un top 5 pick potentiel comme Hargreaves à leur défense.

12. New Orleans Saints: Laquon Treadwell, WR – Ole Miss

Budget ultra-serré chez les Saints où les purges salariales de ces deux dernières saisons mêlées à certaines acquisitions mal avisées les ont laissés sans aucune marge de manœuvre en free agency. Les trous de leur roster devront donc être bouchés lors de cette draft, à commencer par le vide laissé par Marques Colston au poste de receveur. Treadwell, qui possède la même carrure que Colston (et la même pointe de vitesse de tight end, visiblement), pourrait apparaître comme une solution pour les Saints à cette position là.

13. Miami Dolphins: Taylor Decker, OT – Ohio State

Rien de ce que les Dolphins font depuis le début de l’intersaison n’a de sens, ce qui ne m’étonne qu’à moitié de la part de Mike Tannebaum. Une chose est sûre, si Adam Gase souhaite donner une réelle chance de réussir à Tannehill, les ‘Fins on tout intérêt à investir dans un (voire deux… Ou trois, même) lineman offensif. Decker permettrait par exemple à Ja’Wuan James de coulisser à l’intérieur au poste de guard, améliorant ainsi deux postes sur la ligne.

14. Oakland Raiders: Darron Lee, LB – Ohio State

Pour une fois, c’est de l’autre côté de la Bay que ça commence à sentir les Playoffs (un peu trop à mon goût, même). Les Raiders pourraient continuer leur intersaison étincelante avec la sélection de Darron Lee, aka Ryan Shazier 2.0, le linebacker des Buckeyes aux qualités athlétiques dignes de Russell Westbrook. Aucun des joueurs à son poste actuellement dans l’effectif d’Oakland ne possède son potentiel.

15. Los Angeles Rams: Leonard Floyd, LB – Georgia

Les Rams version Jeff Fisher se sont fait une spécialité de drafter des phénomènes physiques sortis tout droit de la SEC: de Michael Brockers à Todd Gurley, en passant par Alec Ogletree et Greg Robinson, les principaux choix de L.A. proviennent quasiment tous des plus gros programmes de la conférence sudiste. Le talent de Leonard Floyd, tweener à mi-chemin entre un linebacker classique et un pass-rusher l’an dernier chez les Bulldogs de Georgia, pourrait intriguer Fischer et Gregg Williams, son coordinateur défensif. Il en possède le pedigree en tout cas.

16. Detroit Lions: Jack Conklin, OT – Michigan State

La retraite de Calvin Johnson aurait dû signifier le début d’un projet de reconstruction totale de la franchise du Michigan: trouver un repreneur à l’éternel espoir que demeure Stafford, se séparer des contrats les plus onéreux et rebâtir autour d’une défense solide emmenée par Ziggy Ansah. Mais puisque les Lions s’entêtent à investir en free agency, donnons-leur de quoi finir à nouveau dans le ventre mou de la NFL avec Jack Conklin, le régional de l’étape, qui trouverait facilement une place de titulaire sur la ligne offensive de Détroit.

La suite vendredi ! (Ou ce weekend, hein… C’est pas si évident que ça de trouver un joueur pour chaque équipe !)

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